Une pédagogie au service
de la personne

L'essentiel, en matière éducative, se joue dans la conviction des personnes qui travaillent sur le terrain et qui, en présence des enfants au quotidien, peuvent faire parfois basculer leur destin.

Philippe Meirieu, L'envers du tableau, p. 245​

L’Institut Paridaens se fait un point d’honneur d’éduquer et d’instruire les jeunes qui lui sont confiés. Ainsi, l’institution reconnaît à chaque élève le droit de recevoir une éducation et une instruction de qualité, en tenant compte de son potentiel, en vue de faire de lui un citoyen autonome, capable de jouer un rôle constructif dans sa société et capable d’autonomie dans le choix de ses moyens de croissance personnelle.

Une école chrétienne

Les communautés chrétiennes ont pris de tout temps leurs responsabilités dans l’éducation des jeunes. Au fondement de l’école chrétienne se trouve l’idée que la formation de l’homme et l’éveil de celui-ci à la foi chrétienne forment une unité.
L’Institut Paridaens veut dispenser un enseignement humaniste de qualité qui a le souci d’épanouir toutes les composantes de la personne : physique, intellectuelle et spirituelle. Il s’inscrit aussi dans la volonté de porter une attention particulière aux plus faibles et aux plus démunis afin de leur donner des chances égales de devenir des hommes et des femmes responsables dans la société de demain.

Au service de l'homme

Notre école, comme toute école, entend poursuivre prioritairement les objectifs généraux présentés dans le Décret du 20 juillet 1997 et notamment ceux définis en son article 6.

Former la personne

Notre enseignement vise à éveiller et à sensibiliser la personnalité de chacun aux dimensions de l’humanité, qu’elles soient corporelles, intellectuelles, affectives, éthiques, sociales ou spirituelles, avec le souci d’accueillir l’enfant ou l’adolescent tel qu’il est.
Il espère ainsi développer ses aptitudes et lui permettre d’accéder à l’exercice responsable de la liberté.

Former le citoyen

Nous entendons également former le citoyen de sa région, de son pays, de l’Europe et du monde dans une société démocratique, fondée sur le respect des droits de chacun, consciente de ses devoirs et soucieuse de son environnnement. L’école aura le souci de former à l’esprit critique et positif.

Former l'acteur de la vie économique

Notre école tient à assurer le développement des aptitudes nécessaires à l’insertion dans la vie économique et professionnelle au service de la personne et de la société, en ayant le souci de promouvoir la dignité de l’homme.

Éveiller à la culture

Dans un monde qui change, où s’entremêlent convictions et cultures, notre enseignement s’ouvrira à toutes les dimensions de notre culture, mais aussi aux cultures des autres citoyens du monde.

Émancipation de l'homme

La formation globale de la personne doit être la source, pour tous, d’une émancipation sociale. Notre enseignement, à travers les compétences et les savoirs, par l’ouverture aux cultures de l’humanité, devra viser sans cesse une meilleure compréhension de l’homme et de la société. Il devra dès lors développer l’aptitude à se situer et à se prendre en charge librement, dans le respect de la dignité de chacun et dans une solidarité active.

Une tâche commune à toute la communauté scolaire

Ces objectifs sont communs à toute la communauté scolaire. Chacun, selon sa responsabilité, concourt au même but. Il y apporte ses propres compétences et respecte les compétences des autres.

Les élèves et étudiants sont les acteurs de leur propre formation. Avec l’aide de l’équipe éducative, ils construisent leur projet personnel.

Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. L’école ne peut réussir pleinement sa tâche sans les parents, comme ils ne peuvent la réussir sans elle.

Le Pouvoir Organisateur, héritier des fondateurs de l’école, a la responsabilité particulière du bien commun. Ses membres rendent compte à la société de leur action et des moyens qui y sont affectés.

La direction anime le projet éducatif, pour qu’il se réalise dans l’école. A cette fin, la Direction en gère quotidiennement les ressources, tant humaines que matérielles.

Les professeurs et les éducateurs, dans leurs tâches respectives, sont les professionnels de l’école. Ils apportent leur expertise dans la maîtrise des apprentissages et dans la pratique quotidienne de la vie commune.

Les membres du personnel administratif contribuent eux aussi au bien-être et à la bonne marche de l’établissement.

Tous les membres de la communauté scolaire se rassemblent autour d’un objectif commun et se donnent les moyens d’évaluer les résultats de leur action. Leur tâche commune implique une volonté de communication, de concertation et de transparence.

À la lumière de l’Évangile

Service de l'homme et amour de Dieu

En travaillant au bonheur de l’homme et au bien de la société, notre enseignement travaille à l’avènement du Royaume de Dieu : l’amour de Dieu et l’amour du prochain ont partie liée; ils sont source de libération et d’émancipation pour tous.

Éducation aux valeurs

Notre enseignement veut promouvoir toutes les valeurs qui appartiennent au bien commun de l’humanité et qui sont : le respect de l’autre, la confiance dans les possibilités de chacun, le sens du pardon, le don de soi, l’attention aux démunis, la solidarité responsable, l’intériorité, la créativité. Il veillera à opérer une synthèse authentique entre Evangile et culture humaine.

Inspiration chrétienne

L’école chrétienne à laquelle nous appartenons, entretient la mémoire de l’origine de notre inspiration : la vie, la passion, la Résurrection de Jésus-Christ. Cet événement est capable d’éclairer le sens que chacun(e) cherche à donner à son existence, personnelle et collective.

Concrètement

Cette mission s’effectue dans l’activité même d’enseigner de chacun et de chacune car là où se construisent les savoirs, les savoir-faire et les savoir-être et les compétences se forment aussi l’esprit et le sens de la vie. Le cours de religion contribue grandement à cette même fin, car il questionne la vie et est questionné par elle. Dans cette optique également, notre école se doit d’offrir des lieux et des temps de partage, de ressourcement, de prière et de célébration.

Ouverture et liberté

L’école chrétienne accueille volontiers ceux qui se présentent à elle. Elle leur fait connaître son projet, pour qu’ils la choisissent en connaissance de cause : chrétiens et fidèles d’autres religions, croyants et non-croyants, chrétiens différents dans leur sentiment d’appartenance à la foi et à l’Eglise. Sans être nécessairement de la même communauté de foi, ils seront au moins invités à partager ou au moins à respecter les valeurs qui inspirent l’action de l’école.
L’école chrétienne entend traiter ceux qu’elle accueille, dans le plus grand respect de leur liberté de conscience en s’interdisant toute manipulation ou violence morale.

Oeuvre de chacun, selon sa situation propre

Les membres du personnel de l’établissement collaborent loyalement au projet selon la tâche de chacun : ils ont à cœur de faire vivre dans leurs propos, leurs attitudes, leur mode de relations, l’esprit qui anime ce projet. Si tous ne peuvent partager de l’intérieur les convictions qui l’inspirent, tous le respecteront et accepteront qu’il se développe.
Une équipe pastorale animera le projet chrétien de notre établissement.

L’équipe éducative de l’Institut respecte sept principes d’éducation fondamentaux. Ces sept orientations constituent le cœur du projet éducatif
1) La qualité de l’action éducative du personnel de l’école est un témoignage concret des valeurs chrétiennes qui habitent chaque membre du personnel.
2) Le personnel a le souci de donner à chacun selon ses besoins et son potentiel.
3) La pédagogie de l’école se met d’abord au service de la personne en apprentissage.
4) L’école a le souci d’éduquer l’autonomie des jeunes tout en éveillant leur sens des responsabilités lié à cette autonomie.
5) L’école a le souci d’établir avec le jeune une relation éducative d’accompagnement sachant que les valeurs qu’elle préconise sont des objectifs à long terme.
6) L’école a le souci de se maintenir ouverte aux innovations pédagogiques tout en restant critique vis-à-vis des nouvelle propositions qui lui sont amenées.
7) Le personnel entretient une attitude d’ouverture et d’accueil auprès des élèves, des parents et auprès de tout autre personne qui fréquente l’institution.

Ce Projet Educatif a été approuvé par l’Assemblée générale de l’A.S.B.L. Paridaens
Il a été inspiré par le document  » Missions de l’Ecole Chrétienne « 

L'ÉCOLE

L'école, lieu de savoir et d'héritage …

L’école est un lieu de vie pour le jeune, mais elle l’est sur un mode particulier : celui du rapport au savoir et à l’apprentissage. Sans en avoir le monopole, l’école a pour devoir de lui proposer des connaissances, de l’aider à maîtriser des compétences, des habiletés intellectuelles et manuelles ainsi que des savoir être qui contribueront à relier le jeune à la société. Elle fera ainsi accéder la génération montante à une mémoire et à des références collectives, l’éduquant concrètement, par son organisation quotidienne, à des attitudes démocratiques, civiques, critiques, soucieuses du bien commun. En cela, elle collabore, chaque fois que c’est possible, avec les familles, premier lieu où se transmet une culture et où s’apprend le lien social. Cela implique, dans l’enseignement catholique, entre autres, la transmission de l’héritage culturel chrétien et la proposition de l’Evangile comme ferment de liberté et sens possible de la vie pour l’homme engagé dans l’œuvre de création.

L'école, lieu de sens …

Ces connaissances, ces pratiques et ces attitudes seront plus solidement acquises si elles ont été construites ou au moins perçues dans leur contexte et leur histoire et situées dans le système dont elles font partie. L’élève en saisira d’autant mieux la signification et la nécessité qu’elles proposent des réponses à ses questions, qu’ elles lui permettent de résoudre des problèmes, qu’elles sont articulées, par des liens cohérents, à des pratiques ou à des savoirs déjà installés et qu’elles lui donnent finalement de mieux comprendre le monde.

L'école, instrument d'insertion ...

Les savoirs et techniques transmis par l’école doivent être régulièrement actualisés. C’est seulement si elle s’ouvre aux réalités socio-économiques et culturelles contemporaines que l’école pourra prendre en compte le désir d’insertion des jeunes dans la vie relationnelle, citoyenne et professionnelle. Les technologies nouvelles – notamment de communication -, la pratique adéquate du stage ou de l’alternance seront mises au service de stratégies de formation appropriées aux besoins divers des jeunes.

LES ENSEIGNANTS

Par des enseignants reconnus comme acteurs essentiels ...

Quel que soit l’angle à partir duquel on envisage le projet pédagogique que l’école secondaire catholique se donne, il faut mesurer le rôle et la place indispensables qu’y prennent les enseignants. Rien ne se fait sans les femmes et les hommes qui, chaque jour, rencontrent les jeunes dans leurs réalités, aux prises avec leur projet de vie et d’apprentissage. C’est bien par les enseignants que les grands objectifs de l’enseignement se trouvent concrètement poursuivis.
La gravité de la tâche dit assez que les enseignants, les éducateurs, les directions sont au sein de l’école de réels acteurs politiques de la société. C’est leur dignité de se forger une culture du métier renouvelée, participative, en intelligence critique avec la société entière qui doit les reconnaître et leur faire confiance.

Par des enseignants qui analysent ce qui change dans leur fonction et dans l'apprentissage et en tirent les conséquences …

Cette culture professionnelle peut être vécue dans un sentiment de fierté et d’appartenance. Elle permettra que se développent en chacun de nouvelles capacités d’analyse portant sur les changements de sa fonction et sur les démarches d’apprentissage qu’il met en œuvre. Elle trouvera des expressions concrètes à travers le projet d’établissement.
Le métier change. Il implique sans doute, progressivement, un exercice plus collectif et une place à faire à de nouvelles méthodes. Il appartient aux enseignants d’en inventer les chemins. Il reste cependant que la relation pédagogique implique un engagement singulier de chaque enseignant, appelé à reconnaître ses valeurs pour décider de son action.

Par des enseignants qui peuvent bénéficier d'une formation continue et de temps d'échanges ...

La cohérence, l’existence même du projet pédagogique que les enseignants traduiront en actions concrètes dans le projet d’établisse ment supposent que se développe une formation continue praticable et que se mettent en place des lieux et des temps d’échanges professionnels effectifs entre enseignants.

L'ÉLÈVE

Pour un élève autonome, qui dialogue et s'exprime ...

Dans le processus d’appropriation des compétences, des savoirs et des techniques, on privilégiera les méthodes qui favorisent l’autonomie de l’élève, le développement de sa curiosité, de son désir et de sa capacité d’apprendre progressivement par lui-même. On visera, de cette manière, la construction d’un jugement personnel ainsi qu’une auto-évaluation référée à des critères pertinents, conscients et convenus.

Une place centrale sera faite au questionnement, qui évite tout dogmatisme, à la dialectique qui confronte les points de vue, à la résolution de problèmes, qu’ils soient présents dans la réalité ou proposés à la curiosité des esprits.

Le jeune maîtrisera d’autant mieux son apprentissage que celui-ci aura été le fruit d’un dialogue et d’une interaction constante avec autrui : maîtres, condisciples, auteurs du passé. La formation conçue ainsi dans sa dimension d’œuvre collective et réciproque comprendra aussi la relation aux experts, aux documents, matériaux et instruments de référence …

On perçoit l’importance que revêt dans ce cadre la maîtrise de la langue d’enseignement, orale et écrite, comme outil permanent de découverte de soi, des autres, du monde et comme instrument de communication, de développement de la pensée analytique, de l’intelligence critique et de l’esprit de synthèse autant que d’intégration sociale et de créativité.

Dans cette conception de l’apprentissage, la dimension affective ne peut être négligée, non plus que le rôle du désir, de l’émotion, des empathies.
La part faite à l’intériorité et à la sensibilité esthétique et, à partir d’elles, une large ouverture à la dimension du bien et du beau et aux voies de l’expression artistique ne pourront qu’approfondir la conception globale que le jeune se fera de l’humain.

Pour un élève reconnu dans sa différence et soutenu dans son projet de réussite ...

Cette approche de l’apprentissage engage à prendre en considération la différence des acquis, des motivations, des rythmes, des milieux socio-culturels. Il n’y a ni voie unique ni système-miracle. La bonne méthode est plurielle: c’est elle qui fait progresser et réussir, qui respecte la personnalité de l’élève et du maître, sans négliger pour autant les efforts de standardisation des objectifs et des compétences évaluables au terme du degré ou des études secondaires.

Pour un élève orienté dans le respect de ses aptitudes et des exigences de la société ...

Cette standardisation équilibre et complète la différenciation des moyens d’apprentissage. Elle met pratiquement l’école et ses différents acteurs – enseignants et apprenants solidaires – devant une obligation de résultats. L’effort de démocratisation des études, qui a déjà permis l’accès des études secondaires à l’ensemble de la population, doit viser l’idéal d’une vraie réussite de chacun, dans toutes les dimensions de sa personne. Cette visée féconde situe l’ensemble de la scolarité obligatoire dans une perspective qui favorise l’orientation de l’élève et la maturation de son projet personnel, plutôt que dans une perspective de sélection par l’échec.

Doter chaque élève des compétences et des savoirs nécessaires à la poursuite de son projet, exiger de chacun son maximum d’excellence, favoriser l’égalité des chances en assurant à certains un surcroît d’attention et de moyens, à d’autres, par contre, des performances à leur mesure et, à tous, des défis, c’est dans cette vision démocratique que l’école visera l’égalité des résultats.
Dans cet ordre de préoccupation, une attention particulière sera apportée aux vrais « démunis économiques » et, sans rien brader, aux difficultés qui peuvent perturber leur relation à la culture scolaire et aux savoirs.
Il conviendra en outre d’aborder le public de l’enseignement spécialisé avec toute la différenciation nécessaire sur le plan pédagogique. Tout sera mis en œuvre à tout niveau pour intégrer le jeune scolairement, socialement et, chaque fois que possible, pour le préparer à une profession.

LA SOCIÉTÉ

Vers une société solidaire ...

Cette tension vers l’obligation de résultats, qui vise l’exhaussement du niveau de culture et de compétence de l’ensemble de la population, exige un climat de coopération et de solidarité, initiation à la vie en société. Elle implique la conviction que tous peuvent réussir, et en même temps que rien ne s’obtient sans effort. Elle demande l’entraide, la coopération et une saine émulation. Faire l’expérience de l’intérêt commun dans l’apprentissage peut entraîner une valorisation du travail en équipe où une réussite partagée transcende rivalités et concurrences.

Vers une société qui valorise ...

Là aussi le respect des différences, l’écoute, la mise en valeur de la variété des talents, la patience, la constance devant la diversité des maturations intellectuelles et affectives seront les gages du succès. L’échec lui-même, s’il devait avoir lieu, pourrait avoir un sens à condition d’être compris par le jeune, d’être accompagné et surtout « positivé ».

Vers une société de citoyens ...

Ces pratiques, vécues dans la difficulté bien réelle de publics de plus en plus hétérogènes, appellent nécessairement au cœur même de la classe et de l’école, conçues comme un lieu de construction active de soi et de socialisation, des règles de vie en commun, une habitude du respect réciproque, le refus de la violence et une progressive intériorisation de la loi. Les règles de vie qui traduisent celle-ci dans la vie scolaire quotidienne doivent être claires, cohérentes, autant que possible conçues ensemble, connues de tous, partagées et respectées par tous. Elles impliquent, si nécessaire, sanctions et arbitrages. Chaque jeune fera ainsi, dans l’expérience collective, son apprentissage de la citoyenneté adulte. Respect de soi et respect d’autrui s’articulent en pratiques citoyennes, lorsqu’on apprend ensemble.
Règles de vie communes et apprentissage collectif trouveront d’autant mieux leur équilibre qu’on y aura fait place au corps, au sport, à la gestion du stress et à l’éducation à la santé.

ENVOI

A chaque communauté éducative revient de faire vivre le projet pédagogique adopté par le Pouvoir organisateur. Il ne portera vraiment du fruit que si les convictions annoncées par le projet sont approfondies et échangées, que si elles se rapportent à des valeurs partagées.
Que cet échange et ce partage permettent à chacun de prendre sans fard la mesure des défis de notre temps à l’école et à l’école chrétienne et de se projeter dans l’avenir avec des points de repère et des visées claires !
Le proverbe dit : « Si tu veux tracer ton sillon droit, accroche ta charrue à une étoile » !

Ce projet pédagogique a été approuvé par l’Assemblée générale de l’A.S.B.L. Paridaens.
Il a été rédigé par la Fédération de l’Enseignement Secondaire Catholique dont l’Institut Paridaens fait partie.